Studio maison: aménager son propre espace de création.

Portrait de Mathieu Major-Parent

Un studio de musique, c’est un espace où l’acoustique a été traitée dans le but de fournir des qualités optimales de création, d’écoute et/ou d’enregistrement. On peut même inclure dans cette définition du studio le local de pratique. Je souhaite, dans la mesure du possible, fournir un guide du studio maison simplifié au maximum à tous les musiciens et musiciennes.  

Faire un studio de musique peut être devenir un cauchemar rempli de calculs mathématiques et de dépenses astronomiques. C’est pourquoi les studios professionnels sont là pour vous faciliter les choses dans un monde où l’argent rend tout plus facile. Il est très probable que votre carrière musicale vous mène dans ces pièces aux murs tapissés d’isolant, de machines trop compliquées et où chaque seconde vous coûte des douleurs ($). Toutefois, nous sommes rendus à une ère nouvelle où, avec un brin de volonté et un petit budget, vous pouvez créer vous-même ce milieu sonore. Keep it simple. 

C’est donc avec plaisir que je vous partage mes trucs, tout en vous invitant à en faire de même! 

 

 

1. Les avantages... et inconvénients.

Votre espace, vos horaires, vos décisions. Vous pouvez y aller progressivement dans l’expansion de votre installation, en plus d’en faire un passe-temps. Personnellement, j’adore me réveiller et n’avoir que quelques mètres à marcher avant de pouvoir faire ma musique ou simplement en écouter dans de bonnes conditions. Vous avez la liberté de faire vos propres projets et vous pouvez vous enregistrer dans votre propre studio. Ainsi, vous faites en sorte d’acquérir une connaissance de base des étapes d’enregistrement, accélérant le processus pour les techniciens lorsque la touche de « pros » s’impose. Mieux vaut enregistrer une seule fois. Vous aurez l’air plus professionnel de la sorte en plus de sauver temps et argent pour les sessions. Avoir un espace alloué à la pratique chez soi peut vous faire épargner quelques sous sur la location d’un local, bien que certains endroits soient très raisonnables quant à la tarification. En plus, donner un peu de soleil à nos bras blancs de musicien, ça fait du bien! L’isolation du bruit est également une contrainte à prévoir pour les personnes alentour, nous y reviendrons un peu plus loin. 

 

 

2. Choisir l’emplacement idéal.

Habitez-vous en appartement, en résidence ou bien dans votre propre maison? Avez-vous l’intention de déménager?

Dépendamment des réponses à ces deux questions, certaines dispositions doivent être prises en compte. Je suppose tout bonnement que vous n’avez pas l’intention de vous faire construire une maison en ce moment et d’y réserver une pièce aux dimensions idéales pour un studio construit sur mesure. Ce ne serait pas très encourageant non plus de vous dire que vous devez absolument acheter et découper trois couches de tapis isolant, puis coller de façon permanente des panneaux acoustiques sur les murs de votre habitation louée pour avoir de bons résultats. Les autres font du bruit, vous de même. Vous n’êtes pas seul au monde, votre famille et vos voisins le savent. Toutefois, il est parfois préférable d’être isolé lors de vos moments créatifs. Si vous n’avez pas d’endroit disponible qui est à l’écart, peut-être il y aura un peu de travail d’isolation des bruits extérieurs à faire. Pour ce qui est du traitement acoustique, soit l’amélioration des qualités sonores de l’endroit choisi, il est recommandé d’éviter les surfaces telles que le verre et le béton (trop réfléchissants). Pas besoin d’une pièce vide, on peut facilement convertir un salon ou même une chambre à coucher en un environnement acceptable.

 

3. Établir ses besoins, faire un budget. 

Jouez-vous d’un instrument bruyant et/ou volumineux? Êtes-vous à l’aise avec la technologie? Êtes-vous patient(e)? « 'Patenteux/patenteuse »'?

Pour étouffer le bruit, un tapis d’une bonne épaisseur, des fauteuils, des rideaux ainsi que des étagères remplies de livres sont des solutions simples. Quant aux basses fréquences, elles sont un peu plus difficiles à gérer. Prenez l’exemple du cinéma maison de votre voisin, lorsque les explosions de son film d’action vous parviennent aux oreilles ou font bouger vos photos accrochées aux murs. La période de pratique du musicien étant moins flexible que celle du divertissement des cinéphiles, il faut avoir recours à des solutions plus compliquées, telles que les « pièges à basses » (bass-trap), ou d’utiliser des versions électroniques de ces instruments pour réduire le niveau de dérangement au minimum. Violons, batteries, trompettes et bien plus se jouent avec une sortie jusqu’à votre casque d’écoute en passant par l’amplificateur ou la carte son de l’ordinateur. Jetez un coup d’œil aux séquenceurs sur le marché pour faire du montage sonore vous-même (Reaper, Ableton, etc), et peut-être aussi de l’initiation au mixage avec ceux-ci. L’enregistrement est facile d’approche dès que vous possédez un bon microphone et une interface audio décente. Cet article sur le site Audiofanzine explique bien les différents microphones selon vos besoins : http://fr.audiofanzine.com/microphone/editorial/dossiers/les-types-de-mi.... Mieux vaut investir dans un bon microphone et une carte moyenne que l’inverse. Pour les logiciels, prenez des versions d’essais ou gratuites le temps d’apprendre les rudiments. Attendez les soldes en ligne et en magasin. Construisez, branchez, apprenez par vous-même ou de vos amis. Se débrouiller, c’est payant. 

 

 

 

4. Réaliser le projet.

La clé est de prendre son temps. Comme pour l’apprentissage d’un instrument, on ne devient pas maître de l’acoustique en quelques jours. Le site RealTraps (http://realtraps.com/howto.htm) est un bon point de départ plutôt complet si la calculatrice et quelques prises de son ne vous effraient pas trop. Privilégier l’écoute sur haut-parleurs. L’écoute au casque ne sera jamais aussi bonne que les mentions précédentes, à moins d’investir énormément dans une paire d’écouteurs. Construisez des panneaux acoustiques, convertissez votre placard en cabine d’enregistrement, donnez un look professionnel à votre studio maison. Peut-être que d’autres voudront y pratiquer ou s’y faire enregistrer!

 

 

En espérant rendre le monde de l’acoustique plus accessible à tous!

 

 

 

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Il y a 2 Commentaires

Portrait de Étienne Sarrazin Héroux

Salut Mathieu,

Ayant moi-même un studio '' amateur '' à la maison, j'ai dû, au fil des années, passé à travers de multiples épreuves. La lecture d'articles portant sur l'acoustique provenant de forum tel que geartslutz.com m'a été de la plus grande utilité. Des tutoriels sur youtube sont aussi mis à la disponibilité de tous. On peut ainsi trouver une multitiude de vidéos qui nous aide dans la fabrication de pannaux acoustiques faits maisons, dans la diposition de ceux-ci, dans l'égalisation de notre pièce (des hauts-parleurs), dans la calibration de nos hauts-parleurs (pour savor à quel niveau mixer). Mais bref, pour une faire une histoire courte, sachez qu'il existe trois types de traitements acoustiques (on ne parle pas là d'isolation) : les panneaux absorbants, les panneaux diffuseurs ainsi que les '' bass trap ''.

Par ailleurs, il existe des compagnies qui offrent en ligne des analyse FFT de notre pièce lorsqu'on achète des panneaux acoustiques de leur part. On n'a qu'à penser à Auralex. Des sites comme RoomEqWizard.com offre un logiciel d'analyse acoustique, joint d'un guide complet pour la marche à suivre, à un très prix abordable. La compagnie IK Multimedia vend un logiciel d'analyse acoustique très simple d'utilisation accompagné d'un microphone de calibration omni-directionnel à un prix plus que raisonnable (environ 500$ pour les 2). En suivant les étapes à l'écran, on effectue une analyse détaillée de notre pièce (plus de 12 prises de sons) pour ensuite intégrer les résultats dans un plugiciel qui pourra être employé à notre guise dans n'importe quelle séquenceur récent. Le logiciel prendra en compte les imperfections du microphone lors de son analyse. 

Mis-à-part ces suggestions sur les traitements acoustiques, le dernier conseil que j'ajouterais au blogue de Mathieu est le suivant. Si vous avez à choisir une pièce, n'y aller jamais pour une pièce cubique! Ce sont les pires dimensions pour l'acoustique d'une pièce! Qui plus est, un petit cube, c'est comme le diable en personne!

Portrait de philippe tremblay

Bel article qui résume bien les points pratiques d'un home-studio. "Se ‘pratiquer’ à enregistrer dans son propre studio fait en sorte dont vous aurez acquis une connaissance de base des étapes d'enregistrement, accélérant le processus pour les techniciens". C'est très vrai ainsi que la possibilité de faire des maquettes, preprods, arrangements qui permettent de valider les idées avant de les essayer en studio. Il n’est peut-être même pas nécessaire d’aller enregistrer dans un “vrai” studio. En effet, si c’est seulement pour enregistrer de la guitare acoustique et de la voix, il est peut-être plus pratique de le faire chez soi. En plus d’être moins dispendieux, le fait de le faire à son aise est moins stressant et peut amener à une meilleure performance. Je vais toujours prioriser la performance sur l’aspect technique. Une excellente performance dans un micro à 200$ sera toujours plus gagnante qu’une performance médiocre dans un microphone à 10000$. Si la prise de son est convenable dans son home-studio, il n’y a pas de raisons de ne pas l’utiliser comme prise finale dans ses projets.

 

Il n'y a pas si longtemps, enregistrer de la musique était très dispendieux. Nous pouvons nous compter chanceux d’avoir la possibilité de créer et de s’enregistrer à cout minime. Selon moi, le studio est un instrument en tant que tel. Il faut plusieurs heures de pratique afin de bien le maitriser. On peut commencer avec la base et le développer avec le temps et nos besoins.

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