Sois cool et jam : le jam session

Portrait de Vincent Ravary

Parfois méconnu de l’amateur de musique moyen, le jam session a pourtant une position iconique dans la vie du musicien. Pour mettre au clair ce concept, je vais tout d’abord expliquer l’origine des jam sessions et tenterai de mettre en lumière l’influence que peuvent avoir ces événements sur la carrière d’un musicien

Les origines 
L’idée de se réunir entre amis pour jouer en groupe date probablement du début de l’histoire de la musique, mais le concept de jam session traditionnel a commencé au début des années quarante. C’est dans les clubs mythiques de New York comme le Monroe’s Uptown House ou le Minton’s Play House que se réunissaient « after hours » de jeunes musiciens voulant briser les conventions de l’époque et expérimenter une musique nouvelle et complexe, fondée sur la virtuosité instrumentale et l’innovation : le be-bop. Sans vraiment se soucier des danseurs, les « beboppers » s’adressaient à un public averti, souvent composé de musiciens.1
Comment ça se passe? 

Les circonstances entourant les jams ont changé depuis, mais le déroulement du jam session traditionnel est resté le même : un house band composé de musiciens réguliers anime la soirée : la première partie est souvent assurée par eux. Après, c’est le moment pour les musiciens dans la salle de prendre la place des musiciens du house band ou simplement de venir les rejoindre et de jouer une pièce du répertoire connue par les autres musiciens. Le jam est commencé. Il est possible toutefois de s’écarter du standard et de « jammer », c’est-à-dire faire une création musicale en direct, sans direction préétablie et en prenant, pour seul cadre, le style de musique associé au jam. Ainsi, même si ces sessions de musique ont commencé à partir du be-bop, mais il existe aujourd’hui autant de style de jam que de styles de musique : reggae, country, rock, blues, etc.

Son influence sur la vie du musicien

Pour expliquer l’influence que peuvent avoir les jam sessions sur la carrière d’un musicien, j’aimerais partager mes expériences personnelles de jam. J’anime moi même un jam session, à la micro-brasserie Le St-Graal à Sainte-Thérèse, où nous nous produisons, mon house band et moi depuis plus de deux ans. Nous essayons d’attirer un public de musiciens ou de mélomanes de plus en plus large. Depuis l’avènement de ces « Lundis Jams », ma vie a changé, tant sur le plan personnel que professionnel. Il n’existe pas, selon moi, de meilleure manière de développer une chimie entre les musiciens d’un groupe qu’en ayant l’occasion de jouer régulièrement devant public. En plus d’avoir appris à jouer du jazz durant ces jams, j’ai accumulé un grand répertoire de chansons et acquis un meilleur sens de la musique et de l’écoute, chose que je n’aurais pas pu apprendre autrement. L’organisation de ces soirées m’a aussi appris à organiser des événements, tant au niveau du « booking » des musiciens qu’à celui de la publicité que je dois faire. En voulant créer une soirée en toute convivialité et sans prétention, les jam sessions du St-Graal sont devenus un véritable événement pour les musiciens et les amateurs de musique de la région.

Conclusion

En bref, aller dans un jam session est une occasion en or pour les musiciens de rencontrer des gens, de se faire des contacts et par la même occasion de montrer ce que l’on sait faire à l’instrument. Pour les mélomanes, c’est une façon unique de découvrir un nouveau style et d’observer les échanges qu’il y a entre les musiciens, manière unique de changer son appréciation de la musique « live ». Et vous, connaissiez-vous les jam sessions? Ce texte vous a-t-il donné envie d’aller en voir un, voire de participer à une telle séance?

 

 

 

  • 1. Noël Balen, L’odyssée du Jazz

Il y a 4 Commentaires

Portrait de Hugo Choquette

Très bon article qui exprime très bien la raison d'être des jams sessions. Le lien qui se crée entre l'auditeur et le musicien lors de ces moments de spontanéité ne peut que contribuer à faire grandir l'intérêt et la curiosité de l'auditeur envers la musique et la performence live, comme c'est très bien expliqué dans le billet. J'ajouterais même que le fait de jouer avec une grande diversité de musiciens établit un élément extrêmement important et enrichissant pour les interprètes, ce que procure chaque soir les jams sessions. Cela constitue une façon facile et rapide de développer son jeu.

Bref, cet article donne non seulement le goût d'y assister, mais dénote en plus les bienfaits de s'y adonner!

Portrait de Julie Marchand

Pour ma part, c'est dans le milieu de la musique traditionnelle québécoise que j'ai connu avec bonheur les jam sessions. Il s'agit en effet de super soirées de musique "informelle" qui tire justement son intérêt du caractère "spontané" de la pratique musicale et surtout de la convivialité de cette rencontre entre musiciens de tous niveaux, les plus jeunes s'abreuvant du répertoire et de la dextérité des anciens... Des moments très forts naissent parfois de ces rencontres et on se sent alors un témoin privilégié d'assister - ou mieux de participer - à cette belle intensité. Dans tous les cas, il s'agit toujours de soirées agréables, même en tant qu'auditeur qui en profite pour simplement prendre une bière entre amis... Pour les intéressés, des sessions de musique trad ont lieu au bistro Vices et Versa (sur St-Laurent, près de St-Zotique), tous les mardis soir, mais je sais qu'il s'en donne également à plusieurs autres endroits, différents soirs de la semaine, à Montréal à Québec et en région...

Portrait de Marc-Antoine Boutin

J'ai une formation classique en trompette. Pourtant, j'adore le jazz et il m'arrive de jouer seul sur des enregistrements de Chet Baker et de Miles Davis, par exemple. Je laisser aller mon inspiration et c'est un très bon exercise pour forger l'oreille puisqu'il faut réagir rapidement aux changements musicaux. Je n'ai aucune formation en improvisation et jouer ce que l'on entend dans sa tête, même si très stimulant, n'est pas une tâche facile. Certains diront que ce n'est qu'une question de pratique, mais il y a tout de même certaines techniques qu'il est bien de connaître. Peut-être est-ce un atout que de n'avoir aucune formation puisque cela permet de fonctionnement à 100% à l'oreilles, toutefois ça fait un peu peur de se lancer dans la gueule du loup en sachant très bien que les autres musiciens on beaucoup plus de chemin en terme d'improvisation. 

Il faut commencer quelque part à ce qui parait et je me doute très bien que les membres du house band s'en fichent du talent en improvisation des musiciens, l'important c'est de s'amuser. Ainsi, j'espère bien mettre cette frousse du jugement de côté et me joindre à un jam session prochainement. Disons après la fin de session...

Portrait de Jean

Les jams sont aussi des experiences très difficiles: c'est parfois un milieu extrêmement compétitif.

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