Je joue de la guitare, dois-je te parler?

Portrait de Gian Tenio Carlone
Just because you're paranoid, don't mean they're not hating you.

Introduction: l’anxiété sociale chez des artistes

J’ai eu de la difficulté à me décider sur un sujet de blog. Je voulais écrire sur « comment gagner sa vie comme compositeur ou comme musicien dans l’industrie de la musique », mais il suffit de remarquer mes lunchs qui font pitié ces temps-ci - une pomme et une barre tendre - pour réaliser que je n’ai pas d’affaire à écrire sur les façons de se faire de l’argent dans ce domaine. J’ai toujours été intéressé à la psychologie, et j’aime parler aux gens de leurs inquiétudes et des situations qui les pertubent. Être artiste vient parfois avec un bagage psychologique qui est souvent canalisé dans une activité artistique, celle-ci prenant le rôle d’un exutoire. Aujourd’hui, nous savons que pour avoir du succès en tant artiste, on ne peut pas se limiter à notre activité de réconfort : faire de l’art. Il faut aller dans le monde, s’exposer, parler au gens et faire du réseautage. Toutes ces situations peuvent nous rendre vulnérable et certaines personnes sont moins aguerries pour ces évènements. Plusieurs artistes vivent de l’anxiété sociale lorsque vient le temps de réseauter, si bien que certains finissent par éviter ces situations en restant chez eux.  

C’est quoi?

L’Association Canadienne des Troubles Anxieux (ACTA) définit l’anxiété sociale comme étant « une peur ou une appréhension d'être observé ou jugé négativement par les autres ». L’anxiété sociale n’est pas aussi intense pour tout le monde. Elle peut se manifester comme une simple pensée passagère qui remet notre confiance en question, ou peut être une phobie qui nous paralyse à la moindre pensée de parler à des inconnus et tout ce qu’il y a entre ces deux barèmes. Souvent, on focalise sur soi-même, préoccupé par ce que les autres pensent de nous et pris dans notre propre tête, absent du moment présent qui se déroule devant nous. Parfois, on se sent comme l’intru d’une soirée, celui pour qui les gens ne prêtent aucun intérêt ou on se sent stupide et pensons que nous devrions nous en aller. Beaucoup d’artistes sont très sensibles, ce qui les poussent à être créatif en premier lieu. Par contre, certains vont être très susceptibles à l’opinion des gens quant à leur personne et à leur art. Ceux-ci ont souvent l’imagination fertile et peuvent mal interpréter les comportements des autres comme étant des menaces vis-à-vis de leur personne. Ces types de personnalités font surgir divers mécanismes de défense qui servent à se protéger de vivre de la peine. Ces mécanismes peuvent ultimement nuire à la carrière potentielle d’un artiste en lui faisant éviter certains évènements, soirées et autres rassemblements sociaux.

L’artiste introverti qui veut être seul

Plusieurs artistes ont passé la majorité de leur vie à traiter leur peine et leur angoisse avec un instrument de musique ou une plume. C’est souvent, aussi, la meilleure manière qu’ils ont pour s’exprimer. De ce fait, devoir aller à des évènements où l’on doit se promouvoir et faire semblant d’être meilleur qu’on le croit nous-mêmes avec des outils qu’on ne pense pas avoir (charisme, humour, persuasion) peut nous mener loin du confort qu’on a cultivé seul avec notre art. On peut se réconforter dans l’archétype de l’artiste introverti solitaire qui est incompris et qui peut seulement parler à travers son art, mais ceci me semble être un mécanisme de défense un peu trop commode pour éviter des situations où l’on se sent mal à l’aise. Beaucoup de personnes évitent de faire du réseautage parce qu’ils ou elles n’aiment pas jouer au jeu de la séduction et se sentent inauthentiques quand ils ou elles font du « small talk » avec les gens pour arriver à leurs fins. Ces malaises peuvent prendre le dessus et nous forcer à éviter ces situations, ce qui peut faire que notre carrière d’artiste ne démarre jamais parce que l’on n’a pas créé de réseau. Souvent, notre réflexe est de mettre la faute vers l’extérieur : « personne ne me donne de chance, on ne me comprend pas, l’industrie n’est pas intègre … » Toutes ces phrases sont des excuses pour les gens qui font de l’évitement - parfois sans le savoir -, ce qui renforce leur bien-être solitaire.

Conclusion

Finalement, on peut trouver sur internet des centaines de façons d'alléger la pesanteur qu’on peut ressentir lors d’évènements où l’on fait du réseautage. Le but de ce blog était de mettre un peu de lumière sur une situation envers laquelle on s’attend des artistes d'être capables de communiquer aisément avec les gens qui pourraient ultimement les aider dans leur carrière, alors que des fois on devient artiste justement à cause des lacunes en communication verbale traditionnelle. 

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Portrait de Franca Ciccone

Merci GT ; ce blogue me permet de mieux comprendre ce que les artistes peuvent vivre dans de telles situations.

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